Dépénalisation de l’avortement à l’île Maurice : une mesure loin d’être respectée

Les cas d’avortement sont régulièrement signalés à Maurice. La dépénalisation de l’avortement a été rendue publique à la suite des manifestations de 2012. Sept ans plus tard, les femmes semblent ne plus se soumettre à cette loi. Pourquoi cette indifférence ?

L’avortement : une pratique qui a le vent en poupe

De nombreuses femmes dans le monde s’adonnent à la pratique clandestine de l’avortement. Cette pratique se passe très souvent hors du cadre législatif et réglementaire. Toutefois, l’île Maurice ne fait pas l’exception. Interrompre une grossesse peut trouver plusieurs explications, mais le faire de façon clandestine expose les femmes à plusieurs risques. Le cas d’avortement clandestin à Maurice est celui d’une collégienne de 15 ans qui s’est faite avortée par son amant de 22 ans.

Son copain lui aurait demandé d’ingurgiter du Cytotec afin d’interrompre cette grossesse qui vraisemblablement était de lui. Et pourtant, les jeunes filles ou les femmes ne sont plus poursuivies pour interruption de grossesse.

Le cadre législatif d’une interruption de grossesse volontaire à Maurice

L’île Maurice s’est dotée d’un cadre législatif régissant les interruptions de grossesse volontaires partout. La loi autorise un avortement volontaire sous quatre conditions :

  • Grossesse présentant un grand risque vital pour la femme
  • Grossesse avec des risques de difformités ou déformation du fœtus
  • Grossesse pouvant affecter l’état physique et moral de la femme
  • Grossesse indésirée dans les cas de viol ou d’un acte sexuel avec une mineure avec des faits soumis à la police

Pour les trois premiers cas, un avis d’un médecin est exigé.

Pourquoi cette indifférence face à la loi ?

Il faut observer que dans les quatre conditions susmentionnées, plusieurs femmes qui souhaitent interrompre leur grossesse ne s’y retrouvent pas. On peut vouloir interrompre sa grossesse sans qu’aucune circonstance indiquée par la loi ne soit vérifiée. Pour éradiquer cette pratique clandestine d’interruption de grossesse, les circonstances doivent être élargies. Une orientation doit suivre cet élargissement pour plus d’efficacité dans le suivi des concernées.